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Warren Buffet et Bill Miller : chance, talent ou autre chose ? ![]() Warren Buffet est-il un génie ou a-t-il une chance de tous les diables ? Juste pour illustrer le phénomène : de 1964 - date à laquelle Buffet a pris le contrôle de Berkshire Hathaway [1] - à la fin de l'année 2012, les fonds propres par action de la firme d'Omaha ont progressé de 19,7% en rythme annuel ; soit 10,3% de mieux que l'indice S&P 500 (dividendes inclus) par an. En pratique, cela signifie que si vous aviez investi un dollar dans l'indice S&P 500 et systématiquement réinvesti les dividendes tout au long des 48 années suivantes, vous auriez aujourd'hui 75 dollars ; mais si vous aviez placé votre dollar dans Berkshire Hathaway en 1964, vous auriez 5 869 dollars [2]. Très clairement, les résultats de Warren Buffet sont exceptionnels. Ils sont exceptionnels de par leur amplitude mais aussi de par leur régularité : en 48 ans d'activité, il a gagné de l'argent 46 fois (contre 37 fois pour l'indice S&P 500) et il a battu le marché 39 fois - c'est-à-dire dans plus de 80% des cas. Le sage de Omaha, à bien des égards, mérite le titre de meilleur investisseur de tous les temps. La question que l'on peut légitimement se poser est de savoir comment il a réussit un tel tour de force. Il y a habituellement trois interprétations. La première, que nous allons évacuer tout de suite, c'est celle qui estime que les résultats de Buffet sont biaisés : parce qu'il n'investit pas seulement aux États-Unis, parce qu'il est plus un chef d'entreprise qu'un investisseur ou parce que sa fortune lui donne un certain nombre d'avantages que les autres n'ont pas. Nous évacuerons cette explication pour - au moins - deux raisons : primo, elle est loin de suffire à expliquer une surperformance annuelle de plus de 10% sur 48 ans et deuxio, il existe d'autres investisseurs qui ont, eux aussi, généré des résultats qui défient les statistiques et pour qui aucun des contre-arguments cités plus haut ne tiennent ; typiquement, c'est le cas de Bill Miller, l'homme qui, aux commandes du Legg Mason Value Trust (LMVTX), a battu l'indice S&P 500 pendant 15 ans d'affilée (de 1991 à 2005). Il nous reste donc deux possibilités et une ligne de partage des eaux : d'une part, ceux qui pensent que les marchés sont efficients au sens de l'Hypothèse d'Efficience des Marchés (EMH) et en concluent que Buffet et Miller ont bénéficié d'une série statistiquement improbable de coups de chance ; chance qui, un jour ou l'autre, tournera [3] ; d'autre part, ceux qui estiment que l'EMH ne résiste pas à l'étude des faits [4] et en concluent que Buffet et Miller sont des [...] http://ordrespontane.blogspot.fr/2013/11/warren-buffet-et-bill-miller-chance.html |