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Politique Friction du Lundi 17 Décembre 2012 : Depardieu, un symbole qui ne courbe pas la tête ![]() Ayant déjà traité l'affaire Depardieu, il nous parait normal de poursuivre par quelques remarques justifiées par les récents développements.
D'abord le mot « minable ». Utilisé par un membre du gouvernement, cela fait désordre. Cela fait désordre dans la mesure où cela révèle une absence de maitrise de soi, une implication personnelle déplacée. Un membre de gouvernement ne traite pas de minable, comme dans une cour d'école, un de ses -encore-citoyens. La haine qui se laisse transparaitre vient renforcer cette impression qu'ont les français d'être retombés aux plus mauvaises heures de la lutte des classes. Ce débordement laisse une impression de malaise, de personnalisation déplacée. La loi est la loi, et à notre connaissance, Depardieu ne l'a pas enfreinte. [...]Ce n'est pas un hasard si Depardieu est quelquefois désigné comme Obélix, il y a quelque chose de Gaulois, de fier chez cet homme. Il essaie dans une certaine mesure de ne pas courber l'échine. C'est une dimension qui nous plait. Il fait plus pour galvaniser les résistances que tous les Copé, Fillon réunis, il montre à sa façon ce que c'est qu'être un homme et d'assumer. Voila qui est bienvenu en ces temps de débats sur la légitimation du mariage homosexuel. Ensuite, objectivement, Depardieu est tout sauf minable. Il est au contraire plutôt grand, au sens ou il ne part pas en cachette, subrepticement comme certains qui vantent les socialistes, mais ont leur patrimoine ailleurs. Non il part au grand jour, presque provocateur car il ose soulever un problème que les taxateurs patentés de la Droite n'osent pas eux même soulever. A savoir : à quel niveau de prélèvement se situe la justice fiscale ? Il annonce avoir payé en impôts récemment 85% de ses revenus. Cela est possible, est certainement vrai puisqu'il prend le risque de l'annoncer publiquement sachant que cela sera vérifié et commenté. Les revenus de Depardieu n'ont pas une origine immorale même si ils sont élevés. C'est la société qui, par la loi du marché, par la confrontation plus démocratique que les élections, fixe les valeurs sociales. Si la société dirige ses ressources, ses revenus, sur les amuseurs, les artistes, les fous du roi, ou les footballeurs, de quel droit le pouvoir politique se donnerait- il le droit d'en juger. Pourquoi ne s'octroie t il pas alors le droit de fixer la valeur d'un PICASSO, d'un MODIGLIANI etc. Les valeurs sociales, reconnues, octroyées par le corps social n'appartiennent pas à la politique, mais aux gens. Si l'on se permet de juger des valeurs sociales à l'aune de l'utilité, ou de la valeur travail, alors le personnel politique a du souci à se faire. [...] http://leblogalupus.com/2012/12/17/politique-friction-du-lundi-17-decembre-2012-depardieu-un-symbole-qui-ne-courbe-pas-la-tete-par-bruno-bertez/ |