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UIT, ONU, Commission Européenne : le combat pour museler internet continue ![]() Tiens, c'est la fin du monde aujourd'hui et tout ce que vous trouvez à faire, c'est lire mon billet ? Pourtant, il y avait mieux à faire, comme par exemple préparer votre fuite de l'enfer sécuritaire que vont devenir les états occidentaux. Oh, ça prendra du temps, mais les dernières avancées technologiques et les récentes productions légales ne laissent aucun doute ... Sur le plan légal, vous aviez sans doute entendu parler de la petite cascade rigolote tentée par l'UIT, qui est passée sans souci comme un tonneau vrillé de camion dans un film américain à gros budget. C'était relaté récemment dans Contrepoints (dont je sais que vous êtes un friand lecteur, si si, ne vous cachez pas, c'est très bien) et j'ai moi-même pondu un petit billet donnant un état des lieux un peu refroidissant en matière de législations internationales diverses qui visent, peu ou prou, à mettre Internet en coupe réglée pour le plus grand bénéfice d'une poignée de gouvernants. Plus gênant et toujours dans la droite ligne de ce qui a été adopté dans le cadre de la réunion de l'UIT à Dubaï en novembre dernier, on apprend que les moyens légaux et maintenant techniques (par l'imposition de normes contraignantes) sont en place pour donner la possibilité de faire du Deep Packet Inspection. Pour faire court, il s'agit de méthodes permettant d'analyser le trafic internet en regardant le contenu des paquets qui transitent pour s'assurer qu'ils ne contiennent rien d'interdit. Évidemment, pour camoufler cet espionnage en bonne et due forme, on emploiera les mots sexy de « trafic shaping » pour expliquer qu'en allant ainsi fouilloter dans les paquets, c'est pour mieux adapter la bande passante aux besoins du consommateur, et un petit bisou sur la fesse droite, circulez, y'a rien à voir. La pratique, couplée à la conservation de fichiers historiques de plus en plus larges, reviendra cependant à tracer les habitudes de surf d'internautes qu'on aura désignés. Ils peuvent être de dangereux pédo-nazis qui postent plus que des lolcats sur internet (probablement 1 utilisateur par million, disons), ou de simples Kevin tentant de décharger un petit peu de matériel sous copyright (probablement 1 utilisateur sur 4). On voit ici tout de suite où se loge l'intérêt des espions... [...]Il ne faut pas s'y tromper : le mouvement global, gouvernement après gouvernement, loi après loi, est toujours le même et se résume à toujours réduire la liberté d'expression et l'intimité des internautes à sa plus simple tournure. Et ce qui se passe sur internet se passe aussi dans le monde réel. Je passe pudiquement sur la prolifération malsaine de caméras de surveillance, pudiquement rebaptisées « caméras de vidéosécurité » pour mieux faire passer la pilule, et qui ont surtout incité les délinquants et criminels à déporter leurs activités hors du champ de vision de ces appareils coûteux et inutiles. Les maires y ont vu, comme d'habitude, un excellent outil visible de leur implication dans la sécurité du citoyen, toujours demandeur de gadgets qui lui permettent d'abandonner facilement cette lourde responsabilité d'avoir à faire attention avec sa tête et ses dix doigts. [...] http://h16free.com/2012/12/21/19523-uit-onu-commission-europeenne-le-combat-pour-museler-internet-continue |