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Sauvez les mômes ![]() Il y a bientôt quatorze ans, je devenais papa pour la première fois. J'en ai trois aujourd'hui et, d'un commun accord avec mon épouse, nous allons en rester là. Une chose que la paternité a profondément changé en moi, au-delà des nuits en pointillés et miettes sur le canapé, c'est que je ne supporte plus l'idée même qu'il puisse arriver quelque chose de mauvais à un gamin. C'est devenu viscéral. J'en ai pris conscience il y a quelques années, alors que je regardais un très mauvais film-catastrophe : un terrible virus ravage le monde et un jeune couple de parents australiens, comprenant que ni eux ni leur petite fille n'y échapperont, décident de mettre fin à leurs jours pour échapper au fléau. Papa et maman font boire à leur petite fille le poison, le boivent à leur tour et ils s'allongent tous ensemble. J'en ai chialé. Je vous prie de croire que ce film était un véritable navet mais c'est ce navet qui m'a fait prendre conscience de ce que la paternité avait changé en moi. Ne touchez pas aux gamins ! Jamais et sous aucun prétexte ! Je jure d'étriper à mains nues celui qui le fera. Et là, vous tombez sur cette photo : La photo d'un gamin - de quoi ? 4 ans ? - qui fait la sieste dans une fabrique de briques en Afghanistan. Une photo reprise un peu partout sur internet pour dénoncer le travail des enfants. Si vous n'avez pas, en voyant cette image, l'envie irrépressible de le prendre dans vos bras, de le réveiller doucement, de le ramener avec vous et de lui offrir les mêmes chances que celles qu'ont vos propres enfants alors, laissez-moi vous dire une bonne chose : vous êtes une infâme saloperie et vous ne méritez que mon mépris. J'aimerai prendre ce gamin dans mes bras. J'aimerai lui offrir une vie meilleure, des études, des cadeaux à Noël, des vacances et une enfance aussi heureuse et insouciante que la mienne l'a été. Mais voilà le problème : des gamins comme lui, il y en a encore des centaines de millions et pour un que je peux aider, ce sont donc des centaines de millions d'autres qui continueront à faire leur sieste sur le bord d'une brouette avant de reprendre le travail. Voilà ce qu'il y a de plus dur à avaler : on ne peut pas. Nous ne pouvons pas, ni vous ni moi, aller chercher tous ces enfants et leur offrir une vie meilleure. Cette vie, ils vont devoir la construire eux-mêmes, ils vont devoir la souhaiter pour leurs propres enfants de la même manière que nos ancêtres l'ont fait pour nous. Ça prendra du temps, la route sera longue et dure mais si l'histoire du siècle écoulé doit [...] http://ordrespontane.blogspot.fr/2013/12/sauvez-les-momes.html |