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Le salaire brut n'est que pure fiction Comme il semble que cette notion n'est pas tout à fait claire pour un grand nombre d'entre nous, je voudrais profiter de cette trêve des confiseurs pour bien établir un principe qui me semble essentiel : le salaire « brut » est une pure fiction. C'est un artifice administratif et comptable qui n'a pas d'autre objet que de faire croire aux salariés qu'ils ne payent que les charges dites « salariales » tandis que les charges dites « patronales » sont à la charge de leurs employeurs. En réalité, cette distinction n'est qu'un écran de fumée. En tant que salarié, vous louez votre travail à un employeur en contrepartie d'une rémunération - essentiellement fixe et versée à la fin de chaque mois - qui est le prix de marché de votre travail. C'est ce qu'on appelle un salaire. C'est le prix auquel vous acceptez de louer vos services et c'est le prix auquel votre employeur accepte de les payer. Concrètement, sur votre bulletin de paie, votre véritable salaire est égal au salaire dit « brut » augmenté des charges dites « patronales ». Par exemple, le salaire réel d'un employé de l'hôtellerie-restauration rémunéré au Smic hôtelier pour 151,7 heures de travail par mois (semaine de 35 heures) est égal à 2 109 euros (1 430 euros de « salaire brut » + 679 euros de « charges patronales »). Dans la réalité très concrète des choses, la valeur du travail d'un salarié titulaire d'un tel contrat est de 2 109 euros et s'il ne touche que 1 205 euros nets, c'est parce qu'un total de 904 euros de cotisations, taxes et impôts divers ont étés prélevés directement à la source avant même qu'un euro ne lui soit versé. Ces 904 euros correspondent à la part de son salaire qui a été socialisée : c'est-à-dire que ces prélèvements donnent lieu, du moins en principe, à des contreparties mais que la nature et le coût de ces dernières font l'objet d'une décision collective et non pas individuelle. Si un gouvernement « de gauche » (resp. « de droite ») devait décréter demain que l'intégralité des charges sera désormais payée par les patrons (resp. les salariés), notre salarié coûterait toujours 2 109 euros à son employeur et toucherait les mêmes 1 205 euros de salaire net. Dans les grandes lignes, cela ne changerait rigoureusement rien pour personne au-delà [...] http://ordrespontane.blogspot.fr/2013/12/le-salaire-brut-nest-que-pure-fiction.html |