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La SNCF donne d'avance des retards à ses trains d'idées ![]() L'année 2013 vient de débuter pour tout le monde, et pour les grévistes de la SNCF, il eut été dommage de ne pas se rappeler aux bons souvenirs des usagés de leurs sévices publics. C'est pourquoi la vieille dame incontinente nous propose, en ce début de semaine, un bouquet de grèves fraîches. Et cette année innove un tantinet puisqu'à la bonne grosse grève qui paralyse le pays pendant plusieurs jours voire plusieurs semaines et permet à certains ministres de se découvrir des facilités d'acrobates russes pour courir prestement le pantalon sur les chevilles (hat tip Alain Juppé), les habituels rouspéteurs aigris de la SNCF ont substitué la grève sur une journée, pendant plusieurs semaines - ou plusieurs mois, si l'envie leur dit, et par région, au petit bonheur la chance. Et pour savoir exactement qui fait grève, où et pourquoi, il faut éplucher les annonces diverses et variées d'une presse qui a bien du mal à y retrouver ses petits. Ainsi, en Aquitaine, ce sont les lundis et mardis qui sont perturbés. C'est comme ça. (Les raisons sont laissées à l'imagination du lecteur). On ne sait pas combien de lundis seront concernés, mais on en présage un bon paquet si on s'en tient aux habitudes des autres régions. Ainsi, entre Poitiers et la Rochelle, ce sera la même chose, dans la bonne humeur qu'on pressent déjà, accolades chaleureuses entre voyageurs compréhensifs et conducteurs / contrôleurs / acrobates du rail divers. Les papouilles humides des uns sur les tronches des autres rougies par le froid et les rudes conditions du sacerdoce du chemin de fer seront à n'en point douter un véritable baume tant on sait que c'est aussi pour les salariés du privés qu'ils luttent ainsi pour de meilleures conditions de tout. Ainsi, en Midi-Pyrénées, on a aussi une grève hebdomadaire. L'article, écrit dans le style journalistique habituel (confus et hâché) parle d'un sixième lundi de grève pour les agents de conduite (qui ont les yeux tout humides à cause de la rénovation des lignes, de salaires trop petits et d'effectifs trop faibles), et évoque aussi la grève des contrôleurs les vendredis. Car en matière de grève hebdomadaire à la SNCF, le panachage, c'est possible. Ainsi, relier une ville de province à la capitale est devenu un véritable parcours du combattant cauchemardesque qui permet à chaque contribuable, confronté à l'absolu mépris de la société nationale vis-à-vis du contrat de transport passé avec lui, de bien comprendre la notion de prise en otage, de spoliation, d'extorsion de fonds par voie armée (eh oui, les impôts, c'est aussi ça), le tout dans un package simple avec un joli logo et un slogan aguicheur. Bien sûr, on retrouve de méchants actes de malveillance qui semblent excuser sans expliquer (ou expliquer sans excuser ?) les retards homériques subis par les trains de la société nationale. On trouve aussi des pannes inattendues de matériel. Des pannes, plus attendues, de personnel. Des pannes de contrôleurs. Des pannes de sandwich. Des pannes de guichets. Des pannes de poinçonneuses. Bref. [...] http://h16free.com/2013/01/09/20048-la-sncf-donne-davance-des-retards-a-ses-trains-didees |