L'Edito du Samedi 18 Janvier 2014 : Hollande, la société du triste spectacle d'un pays en dérive Par Bruno Bertez
Category: Politics

Posted by Bruno Bertez  
L'Edito du Samedi 18 Janvier 2014 : Hollande, la société du triste spectacle d'un pays en dérive Par Bruno Bertez

Je me contente rarement du terme « journalistes » lorsque j'évoque les gens qui, en France, prétendent gagner leur vie en informant. Bien souvent, j'accole méchamment « passe-plats ». Et je les décris comme tels, c'est à dire des larbins qui passent les plats aux puissants, qu'ils soient politiques, économiques ou du star système.

Un passe-plat, c'est quelqu'un qui pose des questions, non pas pour avoir une réponse, mais quelqu'un qui pose une question à un puissant, un maître, afin de lui offrir la possibilité de répondre ce qu'il a prévu de dire, afin qu'il parle de ce dont il a prévu de parler et dise ce qu'il a envie de dire. Un passe plat, c'est un faire-valoir, un complice, un connivent. Un auxiliaire de relations publiques. La comparaison avec la publicité des restaurants s'impose... Tout restaurateur sait que la pub en tant que telle produit peu de résultats, elle est dévalorisée par son statut de pub, d'où la pratique qui consiste à acheter la pub et le rédactionnel en même temps pour mieux tromper le public. Eh bien en matière politique c'est la même chose, les passe-plats font semblant de faire du journalisme alors qu'ils ne font que des relations publiques. La fausse impertinence est destinée à donner le change et à conférer à la réponse plus de crédibilité qu'elle n'en mérite. On passe le plat à son maître afin qu'il se serve. On se comporte comme un serveur, serviteur, laquais. Selon le talent, l'audace et l'image du journaliste, la question sera plus ou moins incisive, en apparence, mais sa formulation fait que, dès le départ, elle appelle sa réponse, truquée comme il se doit. Le passe-plat est un complice de l'illusionniste, un comparse qui facilite l'escamotage.

Lors de la prestation de Hollande, le 14 Janvier, les passe-plats se sont surpassés. A un point tel qu'ils se sont trouvés être la risée de la presse internationale. La presse internationale, présente en nombre, en raison du caractère scabreux de la situation présidentielle, est restée sur sa faim d'informations et d'analyses, mais au moins, elle a pu toucher du doigt la veulerie, la déférence, la soumission du corps journalistique français. De ce corps français qui ne se prive jamais de donner des leçons, en particulier aux Suisses.

The Independent ouvre sur un bandeau ironique : « L'inquisition française: comment un Président en plein scandale a survécu à deux heures de questions... sur l'écono

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