![]() ![]() |
Cumul des mandats : cette trop dure vie d'élu ![]() Alors que l'épineux dossier du mariage homosexuel est loin d'être fermé et qu'il a déjà fourni l'occasion à certains de dévoiler leurs penchants liberticides, un nouveau chantier s'ouvre pour le pauvre président Hollande qui doit régulièrement se demander pourquoi il a bien pu faire de telles propositions pendant sa campagne. Et cette fois-ci, il va devoir batailler non pas contre la moitié du pays, mais contre son pire ennemi : son propre camp politique. En effet, s'il y a bien une proposition intéressante dans tout le fatras de promesses aussi improbables qu'intenables de sa campagne présidentielle, c'est celle de la suppression des cumuls de mandats électifs (son fameux - fumeux ? - engagement 48). Véritable serpent de mer de la République puisqu'on en parle depuis des années (qui se souvient des préconisations de la Commission Balladur, par exemple ?), la réforme des institutions qui amènerait à l'interdiction du cumul des mandats a maintenant une chance minime de passer le cap du simple projet : le candidat Hollande la réclamait, le président Hollande semble, avec la conviction de dessert gélatineux qui le caractérise, déterminé à aller plus loin. Mais avant d'arriver à une loi adoptée par le parlement, envisagée de façon optimiste pour le 15 septembre par l'actuel gouvernement, on sait déjà qu'à peu près tous les députés et tous les sénateurs seront vent debout contre cette remise en question d'une partie de leur belle grosse gamelle. Et comme je l'expliquais dans mon introduction, les socialistes ne sont pas les derniers à couiner bruyamment devant les velléités du gouvernement à réduire leurs généreuses indemnités : le sénateur-maire de Dijon, François Rebsamen, socialiste assumé, a clairement indiqué la couleur en taxant le projet de « populisme » et de « démagogique » (et pour taxer, les socialistes sont forts). Et lorsqu'on détaille les arguments du cumulard agacé, on voit toute la profondeur des raisons qui poussent à un tel rejet : d'une part, le sénat ne peut se passer du cumul parce qu'ils sont élus par des maires et des adjoints et d'autre part, le sénat représente les collectivités locales donc bon voilà. Si vous trouvez à ces deux raisons un fort goût de carton-pâte, c'est normal : c'en est. On voit mal en quoi le fait d'être maire est une condition sine qua non pour comprendre quelque chose aux enjeux des collectivités et des électeurs que le sénateur représente. On voit mal pourquoi le lien avec la collectivité locale est à ce point important si ce n'est pour les jeux de pouvoirs dont Rebsamen (et les autres) ne vont à l'évidence pas se servir pour leur argumentaire branlant. [...] http://h16free.com/2013/01/29/20563-cumul-des-mandats-cette-trop-dure-vie-delu |