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Babel, le communisme « La multitude de ceux qui étaient devenus croyants avait un seul coeur et une seule âme ; et personne ne disait que ses biens lui appartenaient en propre, mais ils avaient tout en commun. » Il n'existe pas, me semble-t-il, de formule qui résume mieux et de manière plus concise l'idéal communiste que le célèbre aphorisme de Louis Blanc [1] : « de chacun selon ses facultés, à chacun selon ses besoins. » Tout est là. La société communiste ( Babel), fondamentalement, est une forme d'organisation sociale dans laquelle chaque membre de la société produit en fonction de ses capacités et ne consomme que ce dont il a besoin. Il manque pourtant, dans cette formule par ailleurs excellente, une dimension essentielle du communisme : l'ardeur au travail et la frugalité dont font preuve les membres de la société ne résulte d'aucune forme de coercition, elles ne sont pas contraintes ; elles sont purement volontaires. Le communisme, le véritable communisme dans son sens le plus originel, est une forme d'anarchie ; une société sans état qui repose sur une prémisse absolument essentielle hors laquelle rien n'est possible. Cette prémisse, c'est Luc l'évangéliste qui nous la donne dans le passage des Actes mis en exergue : les membres de la société communiste doivent avoir « un seul coeur et une seule âme ». E pluribus unumCe qui est en cause ici, ce n'est pas tant le mode de production en tant que tel mais le mode d'organisation de la société. Qui produit quoi ? Comment réparti-t-on les ressources rares ? Dans la société communiste, c'est un choix collectif ; mais ce que les auteurs communistes savent - et que tous les philosophes savent depuis au moins Aristote - c'est que le principe du vote majoritaire, la démocratie, n'est jamais que la domination du plus grand nombre sur la minorité, deux loups et un agneau qui mettent au vote le menu du dîner. Pour que la coopération communiste existe, et pour qu'elle existe sans devenir un forme d'exploitation de la minorité par la majorité, il faut donc les membres de cette société n'aient qu'un seul coeur et qu'une seule âme ; il faut qu'il n'existe aucun intérêt particulier mais un seul et unique intérêt général sur la définition duquel tous s'accordent. Rousseau écrit [2] : « Tant que plusieurs hommes réunis se considèrent comme un seul corps, ils n'ont qu'une seule volonté qui se rapporte à la commune conservation et au bien-être [...] http://ordrespontane.blogspot.fr/2014/02/babel-le-communisme.html |