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Le QE3 englue la croissance US - Bon d'accord, notre chronique était un peu longue hier mais il y avait de la matière : "les prix qui montent, les prix qui mentent"... la pseudo-hausse des prix immobiliers, la pyramide des âges.... Nous étions donc résolu à faire plus court ce jeudi, même si il y a encore beaucoup à dire sur cette fin de mois ! Court comme... disons la croissance anticipée autour de 1,2% à 1,5% aux Etats-Unis au quatrième trimestre 2012. Mauvaise inspiration ! Il n'y a pas eu de croissance mais bel et bien une contraction de 0,1%. Le communiqué final de la Fed publié hier soir à 20h15 vaut son pesant de beurre de cacahuètes. La banque centrale accueille avec une confondante équanimité la stagnation de la croissance économique aux Etats-Unis. - Contraction de croissance ou constat positif ? Le Fed ne fait pas aussi légèrement l'impasse sur la contraction des trois derniers mois... mais pourquoi s'en inquiéter ? Ce n'est qu'une pause causée par des perturbations d'ordre météorologique et d'autres facteurs "à caractère passager". On se souvient pourtant que le passage de l'ouragan Sandy fut présenté fin novembre comme un événement susceptible de relancer l'activité, du fait des dépenses de réparations et de reconstruction. Un scénario bien rodé dans les états riverains du Golfe du Mexique après une tempête. Convaincue de la culpabilité de Sandy, la Fed confirme la poursuite des mesures d'exception en vigueur depuis septembre dernier. - Le QE ralentirait-il la croissance ? Bien sûr, il existe une part indéniable de concours de circonstance dans cette soudaine contraction du PIB, à commencer par le ralentissement de 6,6% des dépenses de l'Etat et en particulier du Pentagone qui avaient fortement progressé avant les élections présidentielles américaines, dopant le PIB à point nommé. Certes... mais cela ne fait que mettre encore plus en lumière la dépendance de l'économie américaine envers les commandes de l'Etat, lesquelles sont à 100% financées à crédit par des émissions obligataires dont la Fed absorbe 90% du volume. Le serpent se mord la queue. Si l'on en croit des commentaires publiés juste après le chiffre du PIB, la baisse des dépenses gouvernementales aurait amputé la croissance de -1,3% à -1,5%... autrement dit de 35% à 50% selon les estimations. Les 1,6% à 1,8% de croissance qui ont également disparu seraient liés à un "effet stocks" négatif (un de ces "événements passagers" pointé par la Fed) tandis que la consommation des ménages reste bien orientée avec une progression de 2,2%. [...] http://la-chronique-agora.com/qe3-englue-croissance-us/ |