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Douce France et Far-South Marseillais ![]() Par la magie d'un peuple goguenard pour qui le sens de la rigolade aura été élevé au rang d'art, ce samedi aura été l'occasion d'une nouvelle démonstration de bonne humeur blagueuse et de joie de vivre communicative de la part d'un de ces frétillants groupes de jeunes artistes des cités marseillaises. Afin de sortir un peu de leur somnolence quelques dizaines de passagers tranquillement endormis dans le TGV Marseille-Paris, ils ont organisé une petite reconstitution historique ... L'idée, aussi généreuse qu'amusante, a consisté à reproduire une attaque de train par des Indiens en attendant que les cow-boys ou la cavalerie arrivent pour délivrer les passagers, le tout dans l'esprit 1870, mais avec les technologies de 2013. Parti de la gare Saint-Charles à Marseille, le TGV venait de repartir peu après 14 heures quand son conducteur a été contraint à l'arrêt par des torches, à flamme rouge, placées sur la voie dans le quartier de La Pomme, en direction d'Aubagne. Normalement, ces torches sont utilisées ordinairement pour signaler un gros problème sur les voies et le conducteur a pour instruction de s'arrêter, ce qu'il a fait. Une fois le convoi arrêté, la bande de joyeux drilles des cités est donc intervenue pour un petit spectacle improvisé sur le thème de l'attaque festive. Les portes du train étaient verrouillées et les jeunes n'eurent pas eu l'occasion de rentrer dans les wagons, pendant que les passagers, parfaitement calmes et tout à fait synchrones avec l'esprit enjoué de cet arrêt inattendu, se chargeaient d'appeler la police qui pouvait ainsi arriver, comme bien souvent, pour marquer les cadavres et remplir les demandes d'autopsies après la bataille. À l'arrivée des forces de l'ordre, le spectacle a rapidement tourné court et la plupart des artistes de rue se seront égaillés dans la nature. Quelques uns (neuf, tous originaires de la même cité), moins souples, moins rapides ou plus bêtes (cumul possible) se sont tout de même fait prendre et gentiment placer en garde à vue en attendant le résultat du jury artistique pour leur performance générale. Comme toujours dans ces genres de cas, on sait déjà qu'il y aura relaxe et applaudissement du public. Bien sûr, l'enquête débute, mais les petits débordements d'une jeunesse (qui finira bien par se passer, mon brave monsieur) seront vite oubliés. D'ailleurs, toute la presse est unanime : tout ceci se solde tout au plus par « deux heures de retard et une grosse frayeur ». Pour le moment, des questions restent en suspend et taraudent les policiers. Ainsi, David-Olivier Reverdy, secrétaire zonal adjoint du syndicat de policiers Alliance, s'interroge sur les motivations des jeunes :
Eh oui : il faut essayer de comprendre ce qui peut bien pousser des jeunes à arrêter un train ! Il faut trouver pourquoi diable ces individus ont décidé de stopper un convoi et ce qui les a poussé à vouloir voir à l'intérieur, et le tout, sans payer leur billet, les petits rigolos ! Oh ! Était-ce une envie - bien compréhensible lorsqu'on vit dans une si triste cité - de découvrir la capitale, sans pouvoir acquitter le prix exorbitant d'un aller-retour ? Rassurez-vous, l'explication officielle est déjà en cours d'élaboration, les rédactions ont travaillé toute la nuit de samedi à dimanche pour la trouver récupérer d'une source proche de l'enquête : [...] http://h16free.com/2013/02/04/20787-douce-france-et-far-south-marseillais |