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L'indice Big Mac Se basant sur la dernière mise à jour de l'indice Big Mac de The Economist, un certain nombre de commentateurs (comme Alexandre Delaigue ici) nous affirment que l'euro est surévalué de 11,7% par rapport au dollar américain. Comment en arrive-t-on à cette conclusion ? Eh bien c'est très simple : aux États-Unis, un Big Mac coûte $4,37 tandis que dans la zone euro, le même sandwich se vend ?3,59 ; soit, avec un euro à $1,3570, l'équivalent de $4,88 ; c'est-à-dire 51 cents de plus qu'outre-Atlantique. Le raisonnement de The Economist consiste alors à calculer la valeur de l'euro exprimée en dollars qui permettrait de faire en sorte que nos Big Mac à ?3,59 valent effectivement $4,37 comme aux États-Unis. En l'occurrence, il faudrait que le dollar monte de 11,7% (ou que l'euro baisse de 10,5%, ce qui revient au même). Seulement voilà, il se trouve que le Big Mac ne se vend pas au même prix dans toute la zone euro. En France, il vaut effectivement ?3,60 - soit un chiffre très proche de la moyenne - mais si vous allez vous payer le même sandwich en Estonie, il ne vous en coûtera que ?2,7 euros tandis que chez nos amis italiens, il va vous falloir débourser pas moins de 3,85 euros. Ainsi donc, avec le même calcul, on en conclue que l'euro italien ne serait pas surévalué de 11,7% mais de 19,6% tandis que son frère jumeau estonien serait sous-évalué de 16,1%. Mieux encore : même en France, même à Paris, le prix d'un Big Mac n'est pas le même partout - loin de là. Une petite enquête réalisée par Challenges.fr en avril dernier concluait que le prix du sandwich, d'un McDonald's parisien à l'autre, pouvait varier de ?3 à ?4,2 pour une moyenne à ?3,75 (alors que, selon The Economist le Big Mac français moyen valait à l'époque ?3,6). On en conclue donc qu'entre le 18 et le 24 avril 2012, l'euro parisien était surévalué de 31% sur les Champs Élysées tandis qu'il était sous-évalué de 6% sur le boulevard Poissonnière. La loi du prix unique Le sandwich phare de McDonald's a la double particularité d'être très standardisé à l'échelle mondiale et d'être composé de produits exclusivement locaux ; par exemple, si la recette de votre Big Mac est, pour l'essentiel, identique à celle de son frère jumeau américain, les ingrédients dont il est composé sont à 76% français (100% européens) sans compter le coût du travail, de l'immobilier, des taxes etc... C'est-à-dire que votre Big Mac est un des produits les plus Made in France qui soit et que son prix en euro est une mesure tout à fait acceptable du pouvoir d'achat de l'euro en France. Or, le principe sur lequel se fonde le modèle de The Economist, c'est la loi du prix unique ; l'idée selon laquelle dans un monde sans coûts de transport ni barrières douanières, un même produit devrait se vendre partout au même prix à la valeur de la devise près. Par exemple, si je constate que le Big Mac européen vaut ?3,59 soit $4,88 et qu'il ne coute que $4,37 aux États-Unis, je devrais en théorie (i) échanger des euros contre des dollars, (ii) utiliser ces dollars pour acheter des Big Mac américains, (iii) vendre ces derniers dans la zone euro et empocher 51 cents de bénéfice à chaque fois. Ce faisant, je ferais remonter le dollar face à l'euro, monter le prix des Big Mac américains et baisser le prix des Big Mac européens jusqu'à ce que le différentiel - et donc l'intérêt de la manoeuvre - disparaisse. En d'autres termes, si la loi du prix unique tient, la parité d'une paire de devises devrait refléter fidèlement le pouvoir d'achat respectif de ces monnaies (i.e. théorie de la parité des pouvoirs d'achat). De ce qui précède, il suit que si le Big Mac de la zone euro est plus cher que son homologue américain, c'est que le pouvoir d'achat de l'euro est trop élevé par rapport à celui du dollar et donc, que l'euro est surévalué. [...] |