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La structure du capital ![]() Dans un article récemment publié sur Contrepoints, Bernard Zimmern reproche aux économistes de ne tenir aucun compte du risque entrepreneurial et de la prime de risque qui le rémunère. Il a mille fois raison. Non seulement - et Piketty en est une démonstration flagrante - les économistes tendent à négliger totalement cette notion mais surtout, c'est le principe le plus fondamental de ce système que nous appelons capitalisme. Puisque les économistes ne le font pas, je vous propose de nous y mettre comme des grands et, puisqu'il faut bien commencer quelque part, je vous propose ici un rapide aperçu de la notion de structure du capital. De manière assez amusante, c'est par analogie avec les Collateralized Debt Obligations (CDO), une innovation financière relativement récente [1], qu'il est le plus facile d'expliquer une notion qui remonte à la nuit des temps : la structure du capital. Afin d'éviter des complications inutiles, je vais donc commencer par vous décrire le fonctionnement d'un CDO très simple - les spécialistes voudront bien me pardonner les approximations. Imaginez, par exemple, que j'ai identifié un certain nombre d'obligations remboursables dans un an qui, au regard des prix actuels du marché et si tout se passe bien (i.e. aucun des émetteurs ne fait défaut), devraient me permettre d'obtenir un rendement de 5% d'ici-là. Je pourrais, bien sûr, investir directement dans ce portefeuille et obtenir un rendement confortable pouvant aller jusqu'à 5% sans prises de risques excessives. Or, il se trouve que, pour une raison ou une autre, je suis à la recherche d'un rendement plus élevé est suis prêt, en contrepartie, à accepter de prendre plus de risques ; raison pour laquelle je vais monter un CDO. Un CDO, c'est un véhicule d'investissement dont le bilan ressemble - grosso modo - à ce qui suit : À l'actif, on retrouve mon portefeuille d'obligations acheté pour une valeur total de $100 et qui devrait donc me générer un rendement de $5 sur l'année que durera le montage. Jusqu'ici, rien de bien sorcier. Ce qui fait tout l'intérêt de ce type de structure c'est le passif ; c'est-à-dire la manière dont je vais financer l'achat du portefeuille. En l'occurrence, pour acheter ce portefeuille de $100, je ne vais mettre que $10 de ma poche et vous emprunter le reste. Je vous propose deux options. La première, que nous allons appeler la tranche senior, vous propose un rendement de 3% sur l'année qui vient sachant qu'en contrepartie je vous garantis que quoiqu'il advienne vous serez [...] http://ordrespontane.blogspot.fr/2014/05/la-structure-du-capital.html |