L'Edito du Mercredi 21 Mai 2014: De la fausse question des inégalités à la vraie question des classes moyennes Par Brun
Category: Politics

Posted by Bruno Bertez  
L'Edito du Mercredi 21 Mai 2014: De la fausse question des inégalités à la vraie question des classes moyennes Par Brun

La question des inégalités revient à la mode, c'est périodique. Il est de bon ton, de temps à autre, de s'indigner et de s'exclamer : « trop c'est trop ». Les travaux de gens comme Piketty (Thomas Piketty, auteur de Capital in the twenty-first Century) sont commentés dans les salons. Cet auteur connaît le succès car il évoque un impôt sur la fortune mondiale, sur la richesse mondiale, comme solution, non seulement au problème des inégalités, mais aussi de la crise financière. C'est à peu près aussi intelligent que de proposer de taxer les prostituées pour résoudre la question de la prostitution ou d'augmenter le prix du tabac pour guérir les fumeurs. Pour lutter contre les inégalités, il y a une recette simple, il suffit de les empêcher de se former. Ce n'est pas en mettant un Etat « maquereau » derrière les filles que l'on résout le problème de la misère sexuelle.

En un mot comme en cent, les inégalités s'accroissent parce que l'inflation du prix des assets est plus forte et plus rapide que l'inflation des marchandises et des services, d'une part, et, surtout, que celle des salaires d'autre part. Ceux qui ont un patrimoine bénéficient d'une valorisation systémique et systématique de ce patrimoine tandis que les salariés, eux, tout comme les prix des marchandises et des productions sont sous la pression de la déflation. Ce sur quoi nous voulons insister, c'est que ce phénomène est enraciné, « embedded », dans le nouveau capitalisme. Il fait partie intégrante du système qui s'est mis en place progressivement depuis 1971. La volonté de faire plus de tout ce qui a conduit à la crise n'est pas tombée du ciel, elle résulte de l'analyse de ce qui s'est passé ces quarante dernières années : la création d'un effet de richesse plus ou moins fictif par la monnaie est au centre du fonctionnement des économies modernes. Cela recouvre plus ou moins ce que nous épinglons sous le nom de financiarisation. La dichotomie dans l'évolution des prix relatifs des assets, c'est à dire du capital et des marchandises est au coeur de la modernité, au coeur de la crise, et donc au coeur de la question des inégalités.

Il n'étonnera personne que les théories économiques classiques et les modèles utilisés par les gouvernements et les Banques Centrales reposent sur l'hypothèse de la neutralité de la monnaie ! On fait comme si elle n'existait pas, alors qu'elle est au centre [...]

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