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Shadockeconomics Pour venir à bout de la crise, déclara le Grand Prêtre, il faut élever un veau d'or au sommet de la butte Montmartre et inciter tous les français à en faire trois fois le tour. De là, deux possibilités : Si la croissance revient, on en conclura que la méthode fonctionne. Si la croissance ne revient pas, on affirmera que c'eût été bien pire si nous n'avions rien fait [1] et on en conclura qu'il aurait fallu faire huit tours plutôt que quatre. Une chose que nous ne ferons pas, en revanche, c'est remettre en cause l'efficacité de la méthode. Elle est bonne et ce point ne souffre pas de contradiction. On peut ergoter sur la taille du veau d'or, sur le nombre de tours à faire et même sur l'emplacement de l'idole mais remettre en cause la méthode elle-même n'est pas envisageable. On en a excommunié pour moins que ça. Comme vous le savez certainement, pour relancer la demande et donc la croissance, il faut que l'État dépense plus qu'il ne perçoit - c'est-à-dire qu'il doit exécuter quelques budgets déficitaires et donc s'endetter. C'est la base de la théorie keynésienne [2] et c'est l'avis que partagent l'immense majorité de nos politiciens (sinon tous) ainsi que les éminences grises qui écrivent leurs discours. Naturellement, le corollaire naturel de cette idée est que toute politique de réduction du déficit (sans aller, bien sûr, jusqu'à dégager des excédents [3]) est une politique d'austérité ou de rigueur ; et qu'une politique d'austérité ou de rigueur est nécessairement récessive. Là-dessus, point de débat. Il est en revanche permit de se demander comment, précisément, l'État doit dépenser l'argent ainsi emprunté. Certains expriment une préférence pour les grands travaux (construire des barrages ou des canons) ; d'autre préfèrent que l'on distribue cet argent via les systèmes d'aide sociale (les « stabilisateur automatiques » ou la conscription) ; les derniers, enfin, recommande un mélange des deux (un plan de relance ou une guerre). Après tout, peu importe la méthode, pourvu que le déficit des comptes publics soit important (et qu'on ait l'ivresse). La référence absolue des partisans de la relance, c'est le New Deal de Franklin Roosevelt. De quelle ampleur fût cette mythique réussite ? C'est bien sûr très difficile à résumer en un chiffre mais - au regard de ce que nous avons écrit plus haut - nous allons tout de même le faire en utilisant le déficit budgétaire d'oncle [...] http://ordrespontane.blogspot.fr/2013/07/shadockeconomics.html |