Marseille 1.0, Gyptis et Protis

Posted by Guillaume Nicoulaud  
Marseille 1.0, Gyptis et Protis

Sur la fondation mythique de Marseille, nous disposons de deux sources qui citent des originaux aujourd'hui disparus : d'une part, un extrait de la Constitution des Massaliotes d'Aristote cité par Athénée dans ses Deipnosophistes (livre XIII) et, d'autre part, un extrait des Histoires philippiques de Trogue Pompée, proposé par Justin dans son Abrégé des histoires philippiques (livre XLIII). À l'exception de quelques détails secondaires, les deux récits coïncident remarquablement. Synthèse :

Contraints par l'exiguïté et la faible fertilité de leurs terres ioniennes, les Phocéens se sont tournés très tôt vers les activités maritimes - pêche, commerce et piraterie - à tel point qu'ils devinrent, selon Hérodote, les premiers grecs à se lancer dans de longs périples maritimes. Ainsi, précise Trogue Pompée, les navigateurs Phocéens avaient même osé naviguer « en direction du rivage ultime de l'Océan » (c'est-à-dire les colonnes d'Hercule) ; fait lui aussi confirmé par Hérodote qui rapporte l'émerveillement du roi de Tartessos (en Andalousie) devant leur savoir-faire maritime. C'est à l'occasion de ce cabotage, sans doute, que les navigateurs Phocéens repèrent les lieux - et peut être même la calanque du Lacydon - et envisagèrent d'y fonder une colonie. De retour à Phocée, nous raconte Trogue Pompée, ils parviennent à convaincre certains de leurs compatriotes qui formèrent à cet effet une flotte dirigée par Simos et Protis.

De retour sur zone, non sans, nous dit Trogue Pompée, avoir signé un traité d'amitié avec les Romains du roi Tarquin [1], les commerçants Phocéens cherchent à obtenir la bénédiction de Nanus (ou Nannos), roi des Ségobriges [2], pour s'installer en terres Ligures. Or, le jour même où le roi accède à la demande d'audience des grecs et reçoit Protis (Aristote le nome Euxène [3]), il se trouve qu'il s'apprête à célébrer les noces de fille Gyptis (Petta selon Aristote). La coutume Ségobridge, confirment les deux auteurs, veut que ce soit la fille du roi qui désigne elle-même son futur époux en lui offrant de l'eau (Aristote évoque du vin mélangé) lors de la cérémonie prévue à cet effet. Mais voilà qu'au moment fatidique, Gyptis/Petta, ignorant ostensiblement ses nombreux prétendants, désigne Protis/Euxène.

Le Grec et la Ligure convolent donc en justes noces avec la bénédiction de Nanus qui, selon [...]

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