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Le tabac, un marché bien organisé C'est passé relativement inaperçu, on l'a appris le 30 août : Bercy a renoncé à l'augmentation des prix du tabac initialement prévue pour ce mois d'octobre. C'est l'occasion de refaire un petit point sur le marché du tabac en France. Primo, il faut bien comprendre que « la vente au détail des tabacs manufacturés est un monopole confié à l'administration des douanes et droits indirects qui l'exerce par l'intermédiaire des débitants de tabac et des revendeurs » [1]. C'est-à-dire que les débitants de tabac sont, tout à fait officiellement, des « préposés de l'administration », que leurs prix de vente sont fixés par arrêté [2] et que leurs marges - et donc ce qui reste aux fabricants - sont fixées par l'État [3]. Deuxio, il faut aussi savoir que sur le prix fixé pas ses bons soins, l'État se réserve la part du lion : par exemple, au 1er janvier 2013, le moindre paquet de cigarette vendu 6,2 euros chez votre buraliste générait 3,97 euros de droits de consommation (i.e. droits d'accise) et 1,01 euros de TVA ; soit une charge fiscale totale de 4,98 euros, 80,32% du prix de vente ou 408,2% du prix hors taxes [4]. Naturellement, la vente de tabac est donc une activité hautement rémunératrice pour l'État : en 2012, rien qu'avec les droits d'accise, les douanes ont encaissé un peu plus de 11 milliards d'euros [5]. Tercio, nonobstant ce qui précède, l'État entend protéger les fumeurs contre eux-mêmes en augmentant régulièrement les prix ; depuis 2009, il a même accéléré le rythme : rien que sur l'année écoulée, le prix du paquet de cigarette a augmenté de 60 centimes (40c en octobre 2012 et 20c en juillet 2013) ; soit plus de 10% de hausse. Évidemment, malgré le caractère addictif de ces produits, il arrive un moment où la consommation baisse effectivement : selon Bercy, rien qu'entre le premier semestre 2012 et le premier semestre 2013, les ventes de cigarettes se seraient contractées de 8%. Quelques petites réflexions s'imposent : Manifestement, l'effet de Laffer est une réalité tout à fait concrète : là où les étatistes dénoncent régulièrement un mythe ultralibéral, on constate bien que la hausse des taxes prélevés sur le tabac se traduit par une baisse des volumes de vente ; c'est-à-dire que, pour citer Jean-Baptiste Say [6], « un impôt exagéré détruit la base sur laquelle il porte. » De toute évidence, c'est ce que reconnait implicitement Bercy en [...] http://ordrespontane.blogspot.fr/2013/09/le-tabac-un-marche-bien-organise.html |