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De l'indépendance de la Fed Le 10 septembre 2008, cinq jours avant la faillite de Lehman Brothers, la Réserve fédérale américaines détenait un portefeuille de titres de créance émis par le Trésor des États-Unis évalué à 479,8 milliards de dollars. Cinq ans plus tard, ce 11 septembre 2013, ce montant atteint 2 041 milliards - soit une augmentation de 325% - ce qui fait de la banque centrale américaine, qui détient désormais 17% de la dette publique négociable, le premier créancier du gouvernement des États-Unis [1]. C'est, naturellement, le résultat de la politique monétaire mise en oeuvre par le Federal Open Market Committee (FOMC) ces dernières années, politique qui a principalement consisté, dans un premier temps, à faire baisser le taux moyen du marché interbancaire (les Fed Funds) puis, constatant que cette politique ne produisait pas les effets escomptés (c'est-à-dire une expansion du crédit bancaire ), à agir directement sur la partie longue de la courbe des taux au travers de ce que la presse désigne sous le nom d'opérations de Quantitative Easing. D'une manière générale, ces opérations se traduisent par (i) la création ex-nihilo de dollars américains [2] - ce qui ne coûte pratiquement rien - et (ii) l'achat de titres de créances, principalement des titres émis par le Trésor des États-Unis, sur le marché secondaire (opérations d'Open Market). Elles ont donc pour effet immédiat d'accroître (i) la base monétaire et (ii) le portefeuille de titres détenu à l'actif des douze banques de la Fed. Avant de poursuivre, il me faut tordre le cou à deux idées reçues. La première, c'est l'idée selon laquelle la Fed est une banque privée détenue par les banques commerciales. Sans rentrer dans le détail des très étranges statuts de la banque centrale des États-Unis, il suffit de rappeler que les banques privées nationales ont l'obligation d'être actionnaires, à hauteur d'un montant défini par la loi, d'une des douze banques régionales de la Fed [3], que ces actions ne sont pas transférables, ne comportent pas de droit de vote et ne donnent droit qu'à un dividende statutaire de 6% du montant investi. Par ailleurs, la politique monétaire est décidée au sein du FOMC qui est composé de douze membres dont sept (le Board of Governors) sont désignés par le Président des États-Unis et confirmés par le Sénat. La Fed n'est donc pas plus privée que notre Sécurité [...] http://ordrespontane.blogspot.fr/2013/09/de-lindependance-de-la-fed.html |