Il paraît que l'Axe du Mal vous veut du bien...

Posted by Spectator  
Il paraît que l'Axe du Mal vous veut du bien...
Il semble à la mode aujourd'hui de critiquer l'impérialisme des USA et de leurs alliés, c'est à dire globalement les pays riches/occidentaux. Face à eux, en dernier rempart, se trouverait la Russie, la Chine, l'Iran, le Venezuela, pour ne citer qu'eux, derrière lesquels se rangeraient de nombreux pays pauvres ou en voie de développement.

Ces critiques n'émanent pas des médias de masse, qui sont au mains de grands groupes internationaux en collusion avec les dirigeants des pays riches. Elles émanent de petites organisations, dont l'une des figures de proue francophone est peut-être le Réseau Voltaire de Thierry Meyssan (http://www.voltairenet.org/Le-projet-de-Nouvel-Ordre-Mondial), et de la blogosphère sur internet, où les voix sont naturellement plus libres.

Ce qui me fait réagir aujourd'hui, c'est:

- d'une part, un article dans Atlantico (http://www.atlantico.fr/decryptage/occident-est-trop-complaisant-avec-pussy-riot-alexandre-latsa-456305.html), dans lequel Alexandre Lasta, un français russophile qui ambitionne de donner un "autre regard sur la Russie", affirme sans rire:
"la Russie peut représenter un modèle dans le futur proche pour nombre de pays d’Europe et d’Eurasie et sans doute faire beaucoup d’ombre a l’influence américaine dans cette même zone. Je parle d’influence politique, morale, sociale, économique et/ou religieuse.
[...]
Par conséquent l’affaire Pussy Riot est encore une fois quelque chose qui n’intéresse pas grand monde. Les Russes ne sont pas dupes et ils sont surtout bien informés, à l’inverse des Français qui n’ont trop souvent qu’un seul et monolithique son de cloche. Les Russes qui s’intéressent a cette affaire savent eux très bien que l'agitation est la prolongation des mouvements de contestation de l’année passée qui sont en partie "drivés" de l’extérieur, et que le but est uniquement de faire un maximum de bruit et de scandale contre la Russie. D’ailleurs, la défense des Pussy Riot est financée par des opposants en exil proche de l’ex-oligarque voyou Boris Berëzovski.
[...]
Evidemment la France est un pays laxiste dans lequel les peines ne sont souvent pas appliquées."


- d'autre part, l'analyse qui en est faite par DiscoTonio sur son blog (http://auxinfosdunain.blogspot.fr/2012/08/pussy-riot-goldman-sachs-meme-combat.html), où les Pussy Riot sont vues comme un outil du Grand Capital pour "détruire l'ordre ancien" et "tout ce qui fait sens et valeurs communes", afin que les banques et l'argent deviennent maîtres absolus du système.

Il ne faudrait peut-être pas oublier que:
- la Russie est une parodie de démocratie (Poutine-Medvedev-Poutine-Medvedev...), gangrénée par la mafia et la corruption,
- la Chine, bien connue pour son respect des droits de l'Homme et de l'environnement, est copine avec la Corée du Nord, l'un des régimes les plus immondes que l'Humanité ait jamais connu,
- l'Iran appelle ouvertement à la destruction d'un autre pays (Israël),
- le Venezuela est 133ème sur 178 au classement 2010 de la liberté de la presse effectué par "Reporters sans frontières" (Chine 171ème, Russie 140ème, Iran 175ème... une belle brochette de libertaires!).

Alors, certes, les pays occidentaux ne sont pas parfaits, loin s'en faut. Leur comportement vis à vis des pays pauvres est souvent indigne de pays dits civilisés, leurs dirigeants sont souvent veules, incompétents et corrompus.
Je rejoins aussi Alexandre Lasta sur la justice française, dont le profond laxisme durant plusieurs décennies (depuis de l'ère Mitteu, en gros) est pour beaucoup dans la dégénérescence du "vivre ensemble" de la société française.

Mais de là à prendre ces dictatures pour des modèles, il y a un pas qu'il faudrait éviter de franchir si on veut rester crédible. Et si les actions des Pussy Riot sont "débiles", la peine de deux ans de travaux forcés qui leur est infligée est totalement grotesque, et soutenir, comme le fait Alexandre Lasta, qu'elles l'ont bien mérité, discrédite définitivement son auteur.
Quant à soutenir que "Pussy Riot et Goldman Sachs, même combat", ça me paraît tout simplement faux: ce qui choque oblige à réfléchir, à sortir des schémas pré-établis, donc à faire travailler son cerveau. Ce n'est pas ce que les entreprises attendent du consommateur moyen. Il ne faudrait pas confondre avec le Big Deal ou Secret Story...